Le Méreau, la Monnaie Locale Complémentaire du Montargois

Le Méreau, la Monnaie Locale Complémentaire du Montargois

Entretien avec Philippe Lalik, porteur d’un projet de monnaie complémentaire

Entretien réalisé par la Rédaction de  Yonne Lautre

Question 1 : Philippe Lalik, avant de parler du projet de monnaie complémentaire du Gâtinais pour lequel vous oeuvrez, pourriez-vous vous présenter et expliquer votre cheminement jusqu’à ce projet ?

A l’origine de mon engagement dans les années 80, il y a une double indignation et une incompréhension. Indignation devant le saccage du vivant (massacre des baleines, des éléphants, déforestation des forêts tropicales...). Indignation face à la misère et à la faim (En Éthiopie notamment). L’incompréhension vient du fait que ce qui m’affecte ne semble pas troubler outre mesure les personnes que je côtoie dans la vie quotidienne.

C’est probablement ce désarroi qui m’amènera à préférer la ’discussion’ avec des auteurs qu’à celle entretenue avec mes congénères ! Je lis à l’époque René Dumont, Konrad Lorenz ou Ivan Illich. Je suis très impressionné par les courbes qui illustrent les fameux travaux du Club de Rome (Les limites de la croissance) et je découvre avec intérêt les travaux de Stanley Milgram et le concept de banalité du mal de Hannah Arendt en visionnant le film ’I comme Icare’. Je ressens alors, sans en avoir une idée aussi claire qu’aujourd’hui que derrière tout ce qui me désespère se trouvent la domination, le pouvoir et la toute-puissance. Sans rien connaître à l’agriculture, je m’intéresse à la Bio. J’y vois une pratique culturelle avant une pratique culturale. C’est à dire que je suis séduis par le paysan qui coopère avec la nature plutôt que de la soumettre.

Au début des années 90, je vais faire deux rencontres décisives. Rencontre avec Geneviève qui va devenir ma femme. Elle me redonne foi dans l’humanité et me permet de passer de la contestation à la construction de projets beaucoup plus positifs. Rencontre avec l’oeuvre de François Partant. La lecture de sa trilogie (Que la crise s’aggrave, La fin du développement, La ligne d’horizon) me fait prendre conscience que le développement (même durable) n’est pas la solution, mais le problème et aussi qu’il est une nouvelle forme de domination.

Je découvre à sa suite Nicholas Georgescu Roegen, Gilbert Rist et Serge Latouche, lequel évoque, entre autres choses, la relocalisation. Je ne me sens plus du tout à l’aise dans le mouvement écologiste structuré. J’éprouve un sentiment de rejet par rapport à l’évolution des Verts qui participent à l’expérience de la gauche plurielle ou à la structure pyramidale de Greenpeace.

La naissance d’ATTAC au tournant des années 2000 va me relancer. Bien que souvent en désaccord avec ses dirigeants et son conseil scientifique, l’enthousiasme des mobilisations contre l’OMC, les débats qui ont lieu et aussi des rencontres très stimulantes avec des personnes issues de différents milieux font que je m’y sens très à l’aise. La latitude dont bénéficient les comités locaux va entraîner l’éclosion de nombreuses initiatives.

Dans le Loiret, ATTAC-45 va permettre de lancer l’essaimage des AMAPP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne de proximité). L’expérience de relocalisation d’activités économiques est amorcée. Logiquement dans mon esprit, la monnaie locale va s’imposer comme une deuxième étape à franchir.

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12/03/2014

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